Je peins les gens chez eux. Placés sur une scène désaffectée, sobre lieu de retraite, mes acteurs méditent leur condition. Mes peintures sont des memento mori. "Le pauvre pêcheur" (1881) de Puvis de Chavannes résume mes préoccupations picturales : composition ascétique, matière terreuse, couleur rabattue. Mon "atelier" mobile est constitué d'un chevalet et d'une boîte de matériel ; ma palette se compose d'un blanc de titane, d'un bleu outremer, d'une terre d'ombre brûlée, d'un ocre jaune, d'un jaune de Naples, d'un ocre rouge et d'un rouge vermillon. L'exécution de chaque tableau dure un mois environ à raison de plusieurs heures de travail par jour. Pendant les séances de pose, le modèle est « actif ». Toutes les décisions - depuis la direction du regard jusqu'au choix du titre - se font en commun, même si, à la fin, c'est la composition qui décide. |